Blog Communication & sémiologie On ne croit que ce que l'on voit… Ou pas !
Communication & sémiologie Mis à jour le 20 mars 2026 ⏱ 6 min de lecture

On ne croit que ce que l'on voit… Ou pas !

Mais qu'est-ce qu'elle raconte, la petite dame ?! Pas de panique — on repart d'une expression bien connue, on la retourne dans tous les sens, et on découvre pourquoi nos yeux nous jouent des tours. Et comment en faire un vrai outil de communication. Promis, ça vaut le détour.

Sémiologie et perception — on ne croit que ce que l'on voit, vraiment ?

« On ne croit que ce que l'on voit »… Qui ne connaît pas cette expression ? Parfois brandie par les pragmatiques pour éviter de s'emballer, parfois utilisée pour ne pas prendre de décision trop hâtive — ou pour ne pas se laisser emporter par le ressenti de quelqu'un d'autre. Tout du moins, d'une réalité. Celle que vous avez décidé de voir au moment où vous la voyez.

Petit grattage de tête… On relit l'expression — et là, PAF ! Et si, finalement, on ne croit que ce que l'on a envie de voir ? Oh là là, où est-ce qu'elle va la petite dame ! Si je le vois, c'est que c'est vrai ! Eh bien… j'ai envie de dire que ça se discute.

Notre regard peut-il nous faire défaut ?

Nous préférons souvent fonder notre opinion sur la vue plutôt que sur des témoignages. Alors que… finalement… notre regard ne nous trompe-t-il pas autant ?

Imaginez : je suis dans un avion. Avant le décollage, je fais un petit tour d'horizon. J'aperçois une famille avec deux enfants en train de jouer, une hôtesse de l'air qui attend près de la porte, et un couple les yeux rivés sur leur téléphone.

Et là, je me dis : Ces enfants ont vraiment l'air ravis de partir en vacances ! Cette hôtesse reçoit chaleureusement chaque passager ! Mignon ce petit couple qui prépare ses activités… Note sur le site de la compagnie : 5 étoiles — Personnel accueillant et voyage au top !

Par contre, la personne assise à côté de moi — qui voit exactement la même chose — se dit : Ces enfants ne tiennent pas en place, mais que font les parents ? Et l'hôtesse qui se tient à la porte, elle pourrait se rendre utile ! Ces jeunes et leur téléphone… Note sur le site : 2 étoiles — Personnel pas très accueillant et voyage pénible.

Même regard. Deux témoignages radicalement différents. Et peut-être un troisième, le vôtre — si vous vous en êtes fait un… sans même y être.

Alors, que verrez-vous ? La vérité ? Ce sera votre vérité, votre perception. L'expression « on ne croit que ce que l'on voit » est en réalité une perception définie par vos propres signes — reflets de votre culture, de votre âge, du contexte dans lequel vous vous trouvez.

Alors, peut-on vraiment croire ce que l'on voit ?

Je pense que dans tous les cas, le ressenti de chaque personne est différent. Et si nous partons de ce principe, je dirais surtout que nous croyons ce que nous avons envie de voir. Cette expression, au fond, est basée sur les émotions — ce qui la rend assez contradictoire avec les cartésiens qui se fondent sur la logique, ou les pragmatiques qui préfèrent le concret.

Nous ne verrons jamais tout à fait les mêmes choses que notre voisin. Et c'est justement ça qui est enrichissant !

Et si on prenait le phénomène en sens inverse ?

Si nous étudions pourquoi telle phrase, telle couleur, telle forme ou telle posture nous fait ressentir une émotion particulière… nous pouvons alors communiquer plus efficacement — et éviter qu'une information soit mal comprise ou transmise à la mauvaise personne. Et là, on devient cartésiens, voire pragmatiques !

L'étude qui permet d'analyser tous ces codes — ces signes, pour être plus précise — c'est la sémiologie. Elle permet de comprendre la façon dont nous voyons les signes… et comment nous les interprétons.

La sémiologie, ou comment les signes produisent du sens

La sémiologie est l'analyse des signes qui nous entourent. En grec : semeio = signe / logos = étude. Soit : l'étude des sens.

Ces fameux codes ont été étudiés par plusieurs grands noms au fil du temps. Une couleur, une forme, une image vont être interprétées car nous les associons à autre chose : un symbole, une icône, un mythe, une connotation — ou encore une expérience vécue (comme notre vol en avion).

La sémiologie permet donc d'analyser toute communication en évitant au maximum les sous-entendus, pour passer un message clair et plus universel au sein d'une même culture, d'une même tranche d'âge, d'un même contexte. Des signes sur lesquels chaque personne pourra s'identifier.

La sémiologie en communication : le signifiant et le signifié

Décoder, analyser et concevoir — voilà les maîtres mots d'un bon communicant. Et pour y parvenir, il utilise la sémiologie, et plus particulièrement le signifiant et le signifié, développés sous différents angles par trois grands noms.

Ferdinand de Saussure : le signe linguistique

Le linguiste suisse Ferdinand de Saussure fonde la sémiologie en définissant le signifiant (forme graphique ou sonore) et le signifié (représentation mentale). Pour lui, la langue est un système de signes qui n'ont de sens que par différence entre eux.

  • Signifiant : la forme sonore ou écrite du mot.
  • Signifié : le concept ou la représentation mentale associée.

Exemple concret — le mot « chien » :
Signifiant : les sons [ʃjɛ̃] ou les lettres C-H-I-E-N.
Signifié : l'idée mentale de l'animal à quatre pattes, domestique, qui aboie.

Charles Sanders Peirce : le signe triadique

Philosophe et fondateur du pragmatisme (tiens donc…), Peirce enrichit l'étude du signe avec trois éléments : le représentamen, l'objet et l'interprétant — en distinguant signes iconiques, symboliques et indiciels.

  • Représentamen : la forme que prend le signe.
  • Objet : ce à quoi le signe renvoie.
  • Interprétant : l'idée que se fait le spectateur.

Exemple concret — une empreinte de pas dans le sable :
Représentamen : l'empreinte visible.
Objet : la personne qui a marché.
Interprétant : quelqu'un est passé par là récemment.

Roland Barthes : dénotation et connotation

Philosophe et sémiologue, Barthes modernise l'approche. À la distinction signifiant / signifié, il ajoute la dimension culturelle et symbolique. Les signes ne relèvent plus seulement de la langue, mais aussi des images, des couleurs, des formes et de leurs connotations sociales.

  • Dénotation : le sens littéral, objectif.
  • Connotation : les significations culturelles, symboliques ou subjectives.

Exemple concret — une photo de rose rouge :
Dénotation : une fleur rouge avec des pétales.
Connotation : l'amour, la passion, la romance (selon le contexte culturel).

À retenir

Chaque image, chaque son, chaque mot est un signifiant qui amène à un ressenti, une émotion — le signifié. Les professionnels de la communication ont tout intérêt à maîtriser ces mécanismes pour que leur message soit lu et compris par les bonnes personnes, dans le bon contexte.

Conclusion

Alors, on ne croit que ce que l'on voit ? Peut-être. Mais surtout, on voit ce que l'on a envie de voir — et c'est précisément pour ça que la sémiologie est un outil si puissant en communication. Comprendre comment les signes fonctionnent, c'est s'assurer que votre message atterrit là où vous le souhaitez — et pas ailleurs.

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